Les pro-vie espagnols intensifient leur mobilisation

Publié le par Avortementivg

Plusieurs villes et régions protestent toujours contre le projet de loi du premier ministre José Luis Zapatero de libéraliser l’interruption volontaire de grossesse

Alors qu’on est entré en pleine semaine sainte (la semaine qui correspond pour les catholiques à la mort et à la  résurrection de Jésus Christ), nombre de processions sont placées sous le signe de la lutte contre l’avortement. A Medina Sidonia, près de Cadix, à Cordoue ou à Madrid, des confréries ont épinglé sur leurs habits de pénitents des petits rubans blancs. Un signe de protestation contre le projet de loi du gouvernement de José Luis Zapatero, présenté à la mi-mars, visant à libéraliser l’avortement.

 

Jusqu’à présent, l’interruption de grossesse n’est dépénalisée qu’à trois conditions: le viol, la malformation du fœtus ou «un risque pour la santé mentale ou physique de la mère». Même si les avortements sont en hausse constante (120 000 en 2007, environ le double de 1990), les candidates espagnoles se heurtent au refus de coopérer des

 

Après les scandales de caméras cachées qui ont révélé la pratique illégale des avortements tardifs, jusqu'à 7 mois, le gouvernement veut libéraliser l'avortement définitivement, et jusqu'à 14 semaines. Entre quatorze et vingt-deux semaines de grossesse, une femme enceinte devra certes toujours justifier sa décision. Mais, jusqu’à quatorze semaines de gestation l’avortement sera libre. Et, dans ce pays très marqué par l’héritage catholique, c’est ce qui fâche les nombreux opposants à l’IVG.

 

En fin de semaine dernière, l’exécutif de la région valencienne (conservateur) a annoncé une loi régionale prenant le contre-pied de l’initiative de Zapatero: le Ministère régional des affaires sociales va recevoir des fonds publics pour dissuader les femmes d’avorter et, d’autre part, pour faciliter l’adoption d’un enfant qu’une mère ne serait pas capable de prendre en charge. Autrement dit, des subventions vont être versées contre l’IVG.

 

«L’infanticide Zapatero»

A Madrid, gouverné aussi par la droite au niveau régional, on a recours à une méthode indirecte: une demi-douzaine de centres d’immigration (les étrangères sont bien plus fertiles que les Espagnoles) ont été confiés aux Légionnaires du Christ, une organisation catholique opposée à l’avortement. D’après El Pais, dans ces centres, les femmes enceintes qui veulent avorter peuvent même se voir proposer un emploi pour changer d’avis.

 

La virulence des «anti-avortement» ne doit pas surprendre. Le 29 mars, ils étaient des dizaines de milliers à battre le pavé de Madrid contre toute possibilité d’avorter. «Avorter = assassiner», pouvait-on lire. Depuis lors, dans tout le pays, les groupes anti-avortement multiplient les mobilisations, les marches ou les diatribes dans les médias contre «l’infanticide Zapatero». L’épiscopat participe largement à cette protestation. Dans les villes, les évêques ont posé des affiches géantes affirmant que le lynx ibérique, une espèce en voie de disparition, est mieux protégé qu’un embryon. Sur un ton de défi, le numéro un de l’Eglise, le cardinal Rouco Varela, a promis à Zapatero que cette croisade «s’intensifiera jusqu’au retrait du projet de loi».

 

Source : LeTemps.ch, François Musseau, Madrid

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Publié dans Actualité Europe

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