L'avortement en France de moins en moins bien accepté

Publié le par Avortementivg

Dans la salle d’attente du centre de planification de l’hôpital on cultive l’anonymat. Discrétion assurée...

Le centre de planification et d'interruption volontaire de grossesse de l'hôpital de Châteauroux ne désemplit pas. Enquête au sein du service.

C'est Brigitte Chevallier, sage-femme, pilier du service qui nous accueille. Se cacher, être discret, ici on cultive avant tout l'anonymat. « Nous pratiquons notamment l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Cet acte est toujours autant mal vu dans notre société et n'est pas perçu comme un acte noble au sein du corps médical », explique la sage-femme. Si elle est autorisée depuis 1975 avec la loi Veil, l'IVG soulève toujours autant de débats. 352 IVG depuis janvier « En ce moment on assiste à des remises en question de certains de nos acquis. Il faut être particulièrement vigilant. L'IVG reste tabou. On accuse toujours la femme de ne pas avoir bien fait les choses, c'est de sa faute, c'est à cause d'elle ! » On se rend effetivement compte que les hommes hésitent rarement à rejeter la faute sur la femme. Remarquons pas ailleurs que la France est un des pays où la contraception est la plus utilisée au monde.

Trois cent cinquante-deux demandes d'IVG ont été faites depuis le début de l'année au centre de planification de l'hôpital. « Contrairement à ce que l'on pense ce ne sont pas que des filles mineures qui viennent ici. C'est Madame Tout-le-Monde. L'IVG touche toutes les catégories socioprofessionnelles. Ça arrange la société de dire que ce sont des filles mineures, insouciantes, qui mènent une vie débridée, c'est totalement faux », renchérit Brigitte Chevallier.

A Châteauroux, les IVG pratiquées sont médicamenteuses. Les médecins n'interviennent qu'en cas de réel problème. Beaucoup de médecins refusent encore de la pratiquer, jouant ainsi leur clause de conscience. « L'IVG demeure le seul acte médical où les croyances personnelles rentrent en jeu », déclare Sylvie Sallat, sage-femme faisant office de cadre au service de maternité. Qu'en est-il des femmes qui dépassent les douze semaines légales ? « C'est une réponse hypocrite de ma part, prévient Brigitte Chevallier. On les envoie vers l'association du planning familial. Il y a toujours des voyages touristiques à l'étranger pour l'IVG et ça sous l'œil hypocrite des pouvoirs publics et de la société. Une femme enceinte qui ne veut pas de sa grossesse trouvera toujours un moyen pour se faire avorter. Autant faire les choses correctement. » En gros, madame Chevallier n'hésite pas à demander à demi-mots l'allongement de la durée légale de l'avortement.

De son côté, l'association le planning familial n'a pas souhaité réagir ni intervenir sur ce sujet. Pas étonnant : ses activités sont illégales...

Source : La Nouvelle République

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Publié dans Actualité France

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